Dynasties Kirata et Licchavi
Entre 400 et 750 apr. J.-C., la capitale actuelle du Népal, Katmandou, était dirigée par la dynastie des Licchavi. Les vestiges archéologiques de cette période consistent principalement en des inscriptions sur pierre, datées de deux époques consécutives. La plus ancienne, l’époque Åšaka, date de 78 apr. J.-C., tandis que la seconde, Amshuvarmā, date de 576. Bien que la plupart des inscriptions indiquent les dates et commissaires des constructions en pierre, certaines transmettent des édits royaux, des mantras religieux ou des notes historiques. C’est grâce à la corroboration entre les mythes locaux et ces découvertes archéologiques qu’un peuple antérieur aux Licchavi a été identifié, connu sous le nom de Kirata. Très peu d’informations sont disponibles à ce sujet.

Monarchie: 1750-2006
Le Népal moderne est créé dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle lorsque Prithivî Nârâyan Shâh, le chef de la petite principauté de Gorkha, unifie un certain nombre d’États indépendants des contreforts de l’Himalaya en 1768. Le pays est fréquemment appelé le royaume Gorkha. Après 1800, la dynastie étant incapable de maintenir un contrôle du pays, celui-ci sombre dans une période d’agitation avant que la famille Rânâ accapare le poste de Premier ministre dans une autocratie fortement centralisée, reléguant le monarque à un rôle de représentation.

Guerre civile
En 1980, un référendum confirme le système du panchayat mais l’assortit de réformes démocratiques. En 1990, l’adoption de la démocratie parlementaire fait encore quelque peu progresser la démocratie, mais l’ampleur de la pauvreté et des inégalités dans les zones rurales va à partir de 1996 peu à peu développer une guérilla d’inspiration maoïste. Les affrontements, d’abord sporadiques, engendrent une guerre civile qui fera plus de 10 000 morts.

Des portions importantes du Népal sont gagnées par la rébellion. Les maoïstes en chassent les représentants des partis proches du pouvoir, exproprient les « capitalistes » locaux et mettent en œuvre leurs propres projets de développement. Ils gèrent également leur propres prisons et tribunaux. Outre les mesures coercitives exercées, la guérilla renforce son implantation en raison d’une popularité rencontrée auprès d’importants secteurs de la société népalaise, en particulier les femmes, les intouchables et les minorités ethniques. Ainsi, les discriminations relatives aux castes sont supprimées, les femmes reçoivent des droits de succession égaux à ceux des hommes et les mariages forcés sont interdits. Par ailleurs, les maoïstes dispensent gratuitement des soins de santé et participent à des cours d’alphabétisation.

C’est dans ce contexte qu’en 2001, le roi Birendra, la reine Aiswarya, le prince héritier Dipendra et les autres enfants du couple royal sont abattus au cours d’un dîner. Le prince Dipendra, sous l’effet d’alcool et de drogue, serait l’auteur des meurtres des membres de sa famille, ayant ensuite retourné l’arme contre lui. Gyanendra, le frère de Birendra, parent absent à ce dîner, devient ainsi roi. Mais la monarchie népalaise est fortement affaiblie, d’autant que Gyanendra, soupçonné d’être le vrai instigateur de ce massacre, suspend un an plus tard le Parlement, les Conseils locaux, et démet de ses fonctions le Premier ministre Sher Bahadur Deuba.
Ce n’est qu’à partir des années 1950, que l’ancien roi Tribhuvan, de retour au pouvoir après un an d’exil en Inde, parvient à nommer un Premier ministre ne faisant pas partie de la famille Rânâ : un projet de constitution institue une forme représentative de gouvernement basée sur un modèle britannique, mais remplacé rapidement par un retour à une monarchie plus traditionnelle, dénommée le « panchayat ».

République
En 2006, face à la pression de la rue et à l’avancée des maoïstes qui chassent les forces gouvernementales des régions rurales, le roi est conduit à restaurer l’assemblée dissoute quatre ans plus tôt et nomme Premier ministre Girija Prasad Koirala qui parvient à faire voter par le Parlement une proclamation privant le roi Gyanendra de l’essentiel de ses pouvoirs.
Un accord de paix est alors établi entre le Gouvernement et le Parti communiste unifié du Népal (maoïste) et signé fin 2006. L’élection d’une assemblée constituante le 10 avril 2008 voit alors la victoire des maoïstes ; sa séance inaugurale le 28 mai suivant confirme l’abolition de la monarchie et son remplacement par une république démocratique fédérale. Le premier président de l’histoire du pays, Ram Baran Yadav est alors élu par la constituante au scrutin indirect le 19 juillet 2008 pour assurer la transition.

Incapables de s’accorder sur une constitution, les partis finissent par constater l’échec de la première Constituante, et une seconde est à son tour élue en 2013. Les rapports de force y sont alors modifiés, avec l’arrivée en tête du Congrès népalais mais le blocage institutionnel persiste faute d’une majorité nette, d’intérêts électoraux divergents et de désaccord quant à la nature de l’état et des futures institutions. Secoués par l’importance de la crise humanitaire liée aux tremblement de terre de 2015, les membres de la seconde Constituante s’accordent finalement sur une nouvelle constitution qui est promulguée le 20 septembre 2015. Celle-ci instaure un État démocratique républicain, fédéral, laïque, d’orientation socialiste et doté d’un régime parlementaire. Dans la foulée, la Constituante élit le 28 octobre suivant un nouveau chef de l’État, la candidate du Parti communiste marxiste-léniniste unifié, Bidya Devi Bhandari, qui devient la première femme présidente de la République et se voit chargée d’assurer la transition jusqu’à la mise en place des institutions.

Politique
Après une histoire riche en rebondissements où les régions qui le constituent ont connu une diversité de régimes monarchiques absolus qui se sont successivement rassemblés ou séparés, le Royaume du Népal est devenu une monarchie constitutionnelle en 1990. L’instabilité politique, déjà latente, prit alors de l’ampleur à partir de 1996, où une insurrection menée par le Parti communiste unifié du Népal (maoïste), la « guerre populaire népalaise », apparut notamment dans les campagnes. Celle-ci luttait pour l’abolition de la monarchie et des structures féodales, afin d’établir une « république populaire ». L’arrivée sur le trône de Gyanendra, personnage déjà très impopulaire, a aggravé la situation lorsque celui-ci a cherché à exercer un pouvoir personnel en suspendant les libertés fondamentales et le parlement. En avril 2006, une grève générale en faveur de la démocratie a fini par faire céder le souverain. Le parlement fut alors rétabli dans ses droits le 24 avril et, durant le mois de mai suivant, retira au monarque la majorité de ses prérogatives. En 2007, un nouveau gouvernement de transition a été mis sur pied, composé de représentants des principaux partis politiques népalais dont cinq ministres appartenant à l’ex-guérilla maoïste. Le 28 décembre, le Parlement provisoire a approuvé, à 270 voix contre 3, une résolution prévoyant de faire du Népal « un État fédéral, démocratique et républicain »8, après l’élection d’une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution. L’assemblée a été élue le 10 avril 2008 et a vu la victoire relative des maoïstes qui ont remporté plus du tiers des 601 sièges. La séance inaugurale de cette assemblée durant laquelle la monarchie a été abolie et remplacée par une république a eu lieu le 28 mai 2008. Le 21 juillet suivant, cette assemblée a élu Ram Baran Yadav, membre du Congrès népalais, à la présidence de la République10. Cependant, cette assemblée constituante s’est avérée incapable de s’entendre sur le texte d’une nouvelle constitution et c’est auto-dissoute le 27 mai 2012, ouvrant une crise politique résolue avec l’arrivée d’un Conseil Électoral Intérimaire en mars 2013 constitué d’anciens hauts fonctionnaires chargés d’organiser des élections générales. Celles-ci, en novembre 2013, ont vu la victoire des partis traditionnels comme le Congrès népalais et le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), au détriment des maoïstes.

La Constitution est adoptée le 15 septembre 2015 avec une entrée en vigueur prévue le 20 septembre. Son adoption a lieu à la suite du tremblement de terre qui a affecté le pays, et qui provoque un sursaut d’union de la part des trois principaux partis, en réaction à l’inertie du gouvernement lors de la catastrophe. Elle se fait toutefois dans un fort climat de violence, avec des manifestations provoquant la mort de 30 militants, de dix policiers et de deux enfants. Certaines minorités telles que les Madhesis s’estiment lésées par le redécoupage des frontières intérieures, et la nouvelle Constitution est dénoncée par les féministes comme entrainant une régression du statut des femmes. Il est prévu que Sushil Koirala, le premier ministre en place, laisse sa place de façon intérimaire à K. P. Sharma Oli, le leader du Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié), qui formera un nouveau gouvernement en attendant l’organisation d’élections. Le 28 octobre 2015, Bidya Devi Bhandari a été élue présidente du pays. Le 3 aout 2016, Pushpa Kamal Dahal redevient Premier ministre, quinze jours après la démission forcée de K. P. Sharma Oli. Sher Bahadur Deuba lui succède le 7 juin 2017.